Dialogues et entreprises

DIALOGUES EN HUMANITE
De la responsabilité sociale individuelle
à la responsabilité sociale de l’entreprise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Extraits de l’analyse de la démarche et de ses évolutions. Master en Sociologie et Développement des Organisations. Lyon2 Pascale Simard. Septembre 2008  Dialogues et entreprises (pdf 480Ko).
 
Développer des réseaux de collaboration entre des mondes différents

Dialogues en Humanité vise à favoriser le développement de collaborations et de projets pour un développement local et international durable et humaniste. Dans ce but, la démarche rassemble les acteurs des entreprises, des institutions et des associations.

Chaque année, ateliers et agoras se succèdent pendant trois jours au Parc de La Tête d’Or. Ils sont l’occasion pour les entreprises de mettre en vue leurs actions en matière de responsabilité sociale et environnementale.
La préparation de ces rencontres s’effectue tout au long de l’année. L’organisation d’un atelier constitue un « projet commun », autour duquel l’entreprise peut mobiliser ses services internes, des organismes partenaires, des fondations, associations, etc.
D’année en année, les entreprises qui participent régulièrement à l’organisation d’un atelier semblent acquérir une certaine expérience. Elles mobilisent des partenaires actuels ou potentiels de plus en plus éloignés, allant jusqu’à s’appuyer sur la notoriété lyonnaise pour solliciter des acteurs étrangers, avec lesquels elles souhaitent développer des relations.

Cela fait 2 ans que l’on anime des ateliers. On arrive petit à petit à construire des relations dans la durée, avec des partenaires qu’on accroche à la réalité et au concret… C’est aussi une manière de créer des passerelles de travail au sein même de l’entreprise et du groupe. (Edf). Il y a 3 ans, on co animait un atelier sur la biodiversité avec le Grand Lyon et un grand groupe industriel. Autour d’une table, comme ça le midi, on a avancé une idée, qui s’est traduite par un engagement du groupe pour une collaboration locale… Depuis on a élargi, une convention est en discussion au niveau national. (Frapna)
 
 
Grandir en légitimité, jusqu’à l’international.   L’intérêt des Dialogues c’est de discuter de problèmes dont on discute partout sur la planète, y compris au niveau de l’ONU, mais sans jeux de rôles, sans compétition. On nous offre un cadre de discussion assez particulier… Cette année, il y aura le responsable des relations internationales, qui porte tous ces sujets dans les échanges mondiaux. Ca l’intéresse d’écouter et de savoir comment on peut transporter ce genre de dialogue ailleurs. (Véolia)
Les capacités d’initiative des pouvoirs locaux, des acteurs du monde de l’entreprise et de la société civile vont au-delà des pétitions de principe. Elles reposent sur des engagements quotidiens, des réalisations effectives, donnant une profonde légitimité aux pouvoirs et aux acteurs locaux pour interpeller le sommet des chefs d’Etat et le nourrir de nos propositions… C’est en nous fédérant, en développant des réseaux de coopération que nous pourrons nous faire reconnaître comme des acteurs légitimes et essentiels du développement. (G. COLLOMB)    

 

 

 

 

 

 

 
Expérimenter sa propre responsabilité dans le dialogue.
Au Parc de La Tête d’Or, le grand public est invité à ses joindre aux échanges. Des scientifiques, des philosophes, des artistes, et de nombreuses personnalités françaises et étrangères engagées dans des actions pour un développement plus humain participent également aux rencontres. Le dialogue constitue la finalité même des ateliers. Pour faciliter les prises de parole, les organisateurs et tous les intervenants s’expriment au titre de leur expérience individuelle, en leur nom propre. Cette particularité constitue sans aucun doute le moteur, le cœur de la démarche. Tout est mis en œuvre pour que chacun puisse « ôter sa casquette », « sortir du jeu de rôle ». La règle d’or des échanges est basée sur l’écoute, le respect mutuel, la prise en compte de la parole de l’autre. Cette prouesse est rendue possible grâce à la combinaison de plusieurs facteurs :
—> La présence de scientifiques et d’intellectuels bénéficiant tous d’une certaine notoriété mais acceptant de la laisser de côté pour parler de leurs propres valeurs, « d’humain à humain ».
—> Le nombre important de participants déjà rompus à ces modes de communication.
—>La présence d’artistes, interpellant l’imaginaire, la sensibilité, voire l’émotion des participants.
—> Le lieu, propice à l’apaisement et la sérénité.

Dans cette ambiance informelle mais studieuse, l’impact de la posture individuelle sur les échanges et le débat apparaît clairement. C’est un véritable apprentissage d’une forme de « responsabilité sociale individuelle » qui s’opère par la pratique.

Parler de ce que l’on fait personnellement pratiquement, permet de parler d’homme à homme. Rappeler que les personnes dans l’entreprise sont acteurs de la société civile à titre personnel et au titre de leur structure. On rentre dans un niveau de dialogue où on se parle directement, sans invective, avec beaucoup d’écoute. C’est une mixité saine, la mise en commun de plusieurs prismes.    

 

 

 

  Connecter RSI et RSE : donner du sens à son activité professionnelle, et à celle de l’entreprise.

Dans les ateliers, agoras, et forums, les intervenants sont invités non pas à présenter ce que fait leur entreprise, ou leur association, mais à témoigner de leur propre expérience. Les regards ne sont plus tournés vers « l’entreprise », ou « l’institution », mais vers la personne elle-même.

Cette implication personnelle nécessite de considérer, et d’exprimer, le rapport entre ses propres aspirations, son métier, ses activités, et les activités de l’organisation.

 

 

 

 
Comprendre son propre métier, quelle portée ça a pour des gens qui sont plus dans le champ de l’imaginaire, du poétique, c’est important pour savoir comment en parler, comment on peut faire avancer les choses concrètement aussi. Si on touche à l’enthousiasme, au-delà de la rigueur morale, on arrive plus facilement à mobiliser les gens. (Véolia)  

Elargir ses connaissances, dépasser ses aprioris, et développer sa créativité.

Les thématiques proposées dans les ateliers articulent les trois axes du développement durable : environnemental, sociétal et économique. Des expériences concrètes sont présentées, conduites dans différents pays. Le témoignage des invités étrangers permet d’éviter le dogmatisme et de systématiser des solutions purement locales. L’ambiance n’est pas à la contradiction ou au conflit, mais à la recherche de solutions équilibrées.

Au début j’étais surtout intéressé par l’axe environnement du développement durable. Mais ça a contribué à m’ouvrir le champ à d’autres approches, notamment des thématiques internationales nord-sud, Donc d’avoir une approche beaucoup plus globale, plus générale de certains problèmes. Les aspects sociétaux, économiques, humains de manière générale ont pris plus de cohérence, sont devenus plus pertinents. (Consultant en développement durable).

 

 

 

 

   
       
    Des forums sont organisés autour de témoignages et de parcours de vie. On y trouve aussi bien des prix Nobel que des « Mamas » des quartiers sensibles. Chacun y parle de la façon dont il parvient – ou pas – à aligner ses actes et ses valeurs. Le micro change de main, les témoignages spontanés se multiplient, se questionnent, se répondent. Au-delà des nationalités, des catégories sociales et des étiquettes, le dialogue s’installe.
Aujourd’hui dans les entreprises il y a des communautés différentes. Comment faire ce métissage, cette mixité de toutes les communautés qui vivent dans l’entreprise ? L’art est un support de communication universel. En faisant travailler ensemble des artistes d’arts différents, de cultures différentes, on touche l’âme, l’émotion… Bizarrement, après ce type d’évènement, les gens vont se mettre à dialoguer autrement. (Arts CBI).

 

 

Les ateliers du sensible proposent une approche du collectif plus pratique. L’art, la pratique sportive, le métissage des cultures, autant d’occasions de dépasser ses craintes et ses aprioris, pour aller à la rencontre d’un autre univers.
La créativité exige pour chacun une formation. Parce que quand on n’a pas de méthode pour écouter l’autre en restant soi-même, quand on a peur de l’autre parce qu’il est dans le camp opposé, et que l’autre est dans le même cas, ça peut pas marcher… L’efficacité ça passe pour tout le monde par se poser la question : quel est le cœur de mon métier, comment mieux le faire, et comment mieux préparer l’avenir. (Total)